UNESCO — Dive into Heritage : le patrimoine mondial en VR et au bout des doigts
Pour le lancement de la plateforme « Dive into Heritage », l’UNESCO voulait une exposition où l’on manipule le patrimoine mondial au lieu de le regarder. Nous avons livré les deux dispositifs qui le permettent.
Du 6 au 16 juillet 2025, l’UNESCO a présenté à Paris une exposition en marge de la 47e session du Comité du patrimoine mondial. Elle marquait le lancement officiel de « Dive into Heritage », une plateforme en ligne qui permet d’explorer les sites du patrimoine mondial et le patrimoine culturel immatériel qui leur est associé.
Une plateforme, ça se démontre mal sur un écran de conférence. Il fallait la faire toucher : que quelqu’un qui traverse la salle en dix minutes reparte en ayant vu un site du patrimoine mondial, et pas une capture d’écran de site web.
Decorama, la filiale de GL Events spécialisée dans l’aménagement événementiel, portait le projet. L’appel d’offres comptait trois lots : la structure de l’exposition, l’équipement audiovisuel, et la création de contenu 3D. C’est sur ce troisième lot que nous sommes intervenus.
Des photos à 360°, changées en lieu
L’UNESCO disposait de prises de vue à 360° de ses sites, à l’état brut. Notre premier travail a été de les intégrer dans un univers de réalité virtuelle : construire autour de ces images l’espace, les repères et les enchaînements qui font qu’on s’y déplace au lieu de simplement les regarder.
La différence n’est pas technique, elle est de nature. Une photo à 360° affichée telle quelle reste une image dans laquelle on tourne la tête. Mise en scène, avec un ordre, des points d’arrêt et une manière d’en sortir, elle devient un endroit où l’on va — et c’est ce qu’on retient en enlevant le casque.
Deux casques étaient installés dans la salle, en libre essai. Aucune formation, aucune notice : on prend, on regarde, on repose.
Une interface pour manipuler le patrimoine
Le second dispositif est une interface tactile, sur écran vertical. Elle donne accès à huit sites du patrimoine mondial répartis dans sept pays : Dilmun et Qal’at al-Bahreïn, Memphis en Égypte, Baalbek et Byblos au Liban, Leptis Magna en Libye, le fort de Bahla à Oman, et l’arc de Timgad en Algérie.
Quatre gestes, annoncés en haut de l’écran et pas ailleurs : faire tourner le site à 360°, pincer pour s’approcher ou s’éloigner, toucher un point pour l’ouvrir. On passe d’un site à l’autre par une rangée de vignettes en bas. Les modèles 3D sont fournis par l’UNESCO ; ce qui est de nous, c’est ce qui permet de les manipuler.
Et il y a un bouton Restart, en haut à droite. Ce détail dit tout du reste : une interface d’exposition ne se comporte pas comme un site web. Elle doit s’expliquer sans mode d’emploi, et revenir d’elle-même à son état de départ entre deux visiteurs. Personne ne la découvre avec quelqu’un à côté pour la présenter — elle tient debout seule, ou elle ne sert à rien.
Deux semaines, et l’ouverture ne bouge pas
Entre le lancement du projet et la livraison, il s’est passé deux semaines. Une date d’ouverture d’exposition ne se négocie pas : le 6 juillet, la salle ouvrait, avec ou sans nous.
Deux infographistes 2D/3D et un programmeur ont travaillé en parallèle sur les deux dispositifs, à partir des données fournies par l’UNESCO. Nous étions également sur place pendant l’exploitation — parce qu’un dispositif interactif dans une exposition ne se livre pas, il s’accompagne.


